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Après avoir arpenté le quartier classé de la Neustadt puis les Contades et l'avenue des Vosges, fait un tour du côté de la Petite France et de la Krutenau, nous vous emmenons cette fois-ci dans un quartier qui monte, qui monte... Direction le quartier de la gare de Strasbourg !


La gare, symbole du développement de Strasbourg

Comme son nom l'indique, le quartier de la gare vit au rythme de l'activité frénétique de la gare de Strasbourg, des allées et venues des touristes et du tumulte des voyageurs. Et cela fait longtemps que cela dure. Jugez plutôt : d'abord installé dans le village de Koenigshoffen, à quelques encablures de l'actuelle place de la gare, un embarcadère fait office de gare pour les besoins des soldats et des militaires dès 1841. A peine 10 ans plus tard, en 1852, est édifiée sur l'actuelle place des Halles, rue du Marais Vert, une nouvelle gare plus grande et plus moderne.

Devenue allemande en 1870, Strasbourg a vocation à devenir la vitrine de l'Empire allemand et son centre économique. Devant le développement de la ville, cette nouvelle gare est rapidement jugée trop petite et sera vite dévolue à un rôle de halle commerçantemarchés aux fruits et aux légumes, marchés aux puces, brocantes et petits commerces de livres, de tableaux, de vêtements, de meubles et d'armes côtoient tous les vendredis les marchés de la rue de Sébastopol !

Et la nouvelle, nouvelle, nouvelle gare, dans tout cela ? C'est en 1878 que commencent les travaux de la nouvelle gare de Strasbourg, dans le quartier Kageneck. Elle sera inaugurée en 1883 à l'occasion du premier passage de l'Orient-Express, un train mythique, luxueux et qui permettait de rallier Paris et Istanbul ! Achevée en 1898, la nouvelle gare de Strasbourg deviendra l'un des édifices emblématiques de la Neustadt grâce à son architecture reconnaissable entre mille, sa façade longue de 128 mètres, en grès des Vosges, et le symbole du savoir-faire allemand grâce à sa conception en "étoile".

Ce nouveau complexe ferroviaire s'étend sur 37 hectares (!) et illustre la puissance économique et militaire que veut alors donner l'empereur Guillaume 1er à Strasbourg. La vocation maraîchère du quartier disparaît entièrement après le siège de 1870 et les maraîchers laisseront peu à peu leur place à des entreprises de l'industrie de l'habillement, de l'ameublement, de la petite mécanique, des ateliers d'artisans, des entrepôts et des commerces de gros. Les échanges commerciaux entre la ville et la campagne sont importants, et c'est en traversant le quartier-gare qu'arrivent tous les matins de nombreuses charrettes remplies de vivres, tirées par des chevaux, destinées à la population de la ville.


Comment s'organisait alors la vie dans le quartier-gare ?

Les abords de la gare ont été fortement endommagés pendant le siège de 1870 et rares sont les édifices qui ont résisté aux tirs dans cette partie de la ville. Les boulevards et toutes les rues adjacentes telles que les rues Kuhn, du Maire Kuss et de la Course sont reconstruites "en éventail" autour de la place de la Gare. Quant aux trois faubourgs, le faubourg National, le faubourg de Saverne et le faubourg de Pierre, ils relient les fortifications au centre, sorte d'antichambre de la ville. A l'endroit de la rue du Faubourg de Pierre, une ligne de tramway (en réalité, une voiture tirée par des chevaux, la vapeur étant alors interdite en ville !) est inaugurée en 1878 avant d'être électrifiée en 1895.

Du point de vue immobilier, le quartier-gare est composé de magnifiques immeubles de rapport, souvent de la période de la Neustadt, et d'immeubles plus anciens dont la structure en bois laisse apparaître les poutres apparentes et donne du cachet aux appartements. Déjà, les rues adjacentes à l'actuel boulevard de Lyon abritent des modèles d'habitat social. Destinées aux "familles pauvres et méritantes", les premières opérations de logements sociaux voient le jour entre les rues de Mutzig et de Wasselonne, permettant aux ouvriers et aux cheminots de s'installer. Durant les années 1890 fleurissent de nombreuses casernes de garnison dont les façades en briques sont toujours connues des Strasbourgeois.

Une anecdote ? Dans un billet sur la Krutenau, nous avons vu que Strasbourg était une ville "aquatique", entourée par l'Ill. Et que pouvait bien faire la bourgeoisie, la seule qui a alors les moyens d'acheter et d'entretenir des embarcations coûteuses, pour se distraire ? Tout simplement, de l'aviron ! Le premier club strasbourgeois d'aviron est en effet fondé en 1879 et siège rue de Saales, près de l'actuelle Laiterie. Si à la fin du 19ème siècle, l'aviron est un sport encore réservé à une population aisée, c'est aussi une discipline à laquelle les Alsaciens sont toujours attachés, près de 150 ans après !


Une usine d'électricité et des vaches, près du musée d'Art Moderne ?

La laiterie centrale s'installe en 1915 dans des bâtiments construits en 1903 près de la porte de Schirmeck et obtient le monopole du ramassage et de l'approvisionnement en lait de la ville. La période allemande est également marquée dans le sud du quartier par le passage du gaz à l'électricité pour l'éclairage. L'usine d'électricité est alors construite rue de Molsheim.

Entre 1888 et 1891, les autorités allemandes agrandissent de manière considérable les abattoirs qui s'étendaient sous l'actuel musée d'Art Moderne. Les troupeaux arrivent des faubourgs par la rue d'Obernai et l'on peut voir des vaches stabuler du côté de la rue Sainte-Marguerite. L'histoire ne dit pas, en revanche, si c'est la vache Marguerite qui a donné son nom à une rue de Strasbourg !

Du côté de la rue du Faubourg National, le couvent des Augustins est remplacé par l'hôpital Sainte Barbe en 1870. L'église Saint-Jean quant à elle, construite sur les bords de l'Ill en 1477, continue de veiller sur le quartier, de même que l'église Saint-Pierre le vieux, juste de l'autre côté de l'eau. En 1898, la synagogue de Strasbourg est construite sur un terrain cédé par la ville, quai Kléber, avant d'être détruite en 1940.

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